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Expert médical

Troubles de l’usage de substances et troubles de dépendance - 103

Explication

Les troubles de l’usage de substances incluent les dépendances à des substances telles que les stimulants (p. ex. cocaïne, amphétamines), les dépresseurs (p. ex. opioïdes, benzodiazépines) et autres (p. ex. nicotine, alcool). Les troubles de dépendance incluent les dépendances comportementales telles que le jeu pathologique. Ces deux formes de dépendance, qui présentent des fondements neurobiologiques similaires, peuvent causer des préjudices directs ou indirects aux patients et à leurs proches, tant pendant le processus d’intoxication que pendant le sevrage, et nuire au fonctionnement social de la personne affectée. La concomitance de dépendances est fréquente, et les comorbidités sont plus souvent la règle que l’exception. Les médecins doivent être conscients des risques associés aux dépendances et se conformer aux pratiques exemplaires lorsqu’il s’agit de prescrire des médicaments toxicomanogènes.

Étiologie

(liste non exhaustive)
  1. Enfance difficile ou expériences traumatisantes
  2. Facteurs épigénétiques
  3. Comorbidités (p. ex. maladie mentale, maladie chronique, traumatisme, y compris les douleurs aiguës et chroniques)
  4. Facteurs de stress psychosociaux (p. ex. chômage, isolement social, racisme systémique et autres déterminants sociaux)

Objectifs principaux

Dans le cas d’un patient présentant un trouble de l’usage de substances ou un trouble de dépendance, le candidat devra pouvoir déterminer la source du problème et les risques possibles, et juger de la nécessité de l’orienter vers des services de soutien et d’intervention à court et à long terme. Dans le cas d’un patient présentant une maladie ou des douleurs chroniques le rendant susceptible de développer un trouble de l’usage de substances et/ou un trouble de dépendance, le candidat devra faire preuve de vigilance au moment de prescrire des médicaments. Étant donné la charge émotionnelle liée à de tels problèmes, les médecins doivent s’efforcer de les aborder avec impartialité et sans jugement, et veiller à respecter les valeurs et les volontés du patient.

Objectifs spécifiques

Dans le cas d’un patient présentant une maladie ou des douleurs chroniques le rendant susceptible de développer un trouble de l’usage de substances et/ou un trouble de dépendance, le candidat devra

  1. énumérer et interpréter les constatations cliniques, dont le risque d’accoutumance, et indiquer les médicaments les plus appropriés en regard du diagnostic;
  2. établir un plan de prise en charge, notamment :
    1. offrir les meilleurs soins possible en regard des données les plus probantes concernant le dosage, la durée du traitement pharmacologique, la surveillance de l’usage de médicaments, etc., de façon à réduire le risque de dépendance;
    2. changer, réduire progressivement ou arrêter le traitement si celui-ci s’avère inefficace ou en cas d’accoutumance (p. ex. physiothérapie, psychothérapie).

Dans le cas d’un patient présentant un trouble de l’usage de substances, le candidat devra

  1. énumérer et interpréter les constatations cliniques cruciales, notamment celles découlant :
    1. d’une anamnèse appropriée, y compris une anamnèse auprès des proches, axée sur le problème immédiat, les antécédents possibles de comportement de dépendance et la façon dont le patient perçoit le problème, dans le but de déterminer la durée et la gravité de tout problème d’abus ou de dépendance;
    2. d’un examen physique approprié visant à vérifier la présence de symptômes de sevrage et de comorbidités, s’il y a lieu;
  2. énumérer et interpréter les examens essentiels, notamment les examens de laboratoire ou d’imagerie diagnostique (p. ex. dépistage de drogues, tests de fonction hépatique) et déterminer si le consentement explicite du patient est requis (p. ex. pour un dépistage de drogues);
  3. établir avec le patient un plan de prise en charge initiale, notamment :
    1. expliquer les options d’interventions axées sur une modification du comportement et un traitement pharmacologique approprié (p. ex. thérapie de substitution de la nicotine ou d’opioïdes);
    2. déterminer si le patient ou des membres de sa famille doivent être dirigés vers des soins spécialisés tels que services d’aide psychologique ou autres services de soutien (p. ex. traitement de dépendances), qu’ils soient offerts selon une approche individuelle, familiale et/ou communautaire;
    3. prévoir les complications possibles à moyen et à long terme (p. ex. effets psychosociaux, sécurité);
    4. prôner des stratégies de réduction des risques (p. ex. sites d’injection sécuritaires, instructions sur l’administration de naloxone).

Dans le cas d’un patient présentant une dépendance comportementale, le candidat devra

  1. énumérer et interpréter les constatations cliniques cruciales, notamment celles découlant :
    1. d’une anamnèse appropriée, y compris une anamnèse auprès des proches, axée sur le problème immédiat, les antécédents possibles de comportement de dépendance et la façon dont le patient perçoit le problème, dans le but de déterminer la durée et la gravité du problème;
    2. d’un examen physique approprié visant à vérifier la présence de symptômes et de comorbidités (p. ex. manque de sommeil, négligence sociale, déconditionnement physique, dépression);
  2. établir avec le patient un plan de prise en charge initiale, notamment :
    1. expliquer les options d’interventions axées sur une modification du comportement et un traitement pharmacologique approprié (p. ex. ISRS, IRSN);
    2. déterminer si le patient ou des membres de sa famille doivent être dirigés vers des soins spécialisés tels que services d’aide psychologique ou autres services de soutien, qu’ils soient offerts selon une approche individuelle, familiale et/ou communautaire (p. ex. traitement de dépendances);
    3. prévoir les complications possibles à moyen et à long terme (p. ex. effets psychosociaux, sécurité).
Prochain: Sevrage à une substance