Rechercher
Fermer ce champ de recherche.
Rechercher
Nouvelles
NouvellesUne voie d’accès essentielle au permis d’exercice au Canada

Une voie d’accès essentielle au permis d’exercice au Canada

Le 25 septembre 2022

Le Canada a besoin du concours des diplômés internationaux en médecine (DIM) pour la prestation de soins, surtout en ce qui concerne la médecine familiale et les soins en régions rurales et éloignées. En 2019, les DIM représentaient, en moyenne, 25 % des médecins à l’échelle du pays. En Saskatchewan et à Terre-Neuve-et-Labrador, cette proportion s’élevait, respectivement, à 50 % et à 40 %; dans les régions rurales de la Saskatchewan, elle grimpait à 70 %.

Dans le contexte actuel d’un système de soins de santé à bout de souffle et d’un accès inexistant à un médecin de famille pour bon nombre de Canadiens, l’évaluation de la capacité à exercer (ECE) est l’une des solutions possibles aux problèmes de main-d’œuvre dans le domaine de la santé. Sept provinces prennent part à un cadre de travail d’ECE appelé Collaboration nationale en matière d’évaluation (CNE), lequel est supervisé par le Conseil médical du Canada (CMC).

L’ECE de la CNE : la démarche

L’ECE de la CNE constitue une autre voie d’accès au permis d’exercice pour les DIM qui ont effectué leur résidence et qui ont exercé la médecine de manière autonome à l’extérieur du Canada. Dans le cadre de cette démarche de 12 semaines, les compétences d’un candidat à l’ECE sont observées et évaluées dans un milieu clinique réel, sous la supervision de médecins évaluateurs formés, afin de déterminer si le candidat est apte à exercer la médecine au Canada. Une fois cette rigoureuse évaluation terminée, les candidats qui ont réussi obtiennent un permis d’exercice provisoire, et la plupart d’entre eux obtiennent leur permis définitif dans les deux ans qui suivent. Selon le Dr Jack Burak, directeur clinique de Practice Ready Assessment—Physicians for British Columbia (PRA-BC), « nous sommes persuadés que les candidats qui réussissent notre évaluation approfondie seront en mesure d’exercer de manière sûre et en toute confiance. Et s’ils choisissent d’aller exercer à l’autre bout du pays après avoir obtenu leur permis définitif, l’ordre des médecins de la province ou du territoire concerné aura la même tranquillité d’esprit. »

L’ECE de la CNE décrit un ensemble de normes courantes servant à évaluer les DIM. La Dre Fiona Bergin, directrice clinique du Nova Scotia Practice Ready Assessment Program (NSPRAP), s’est servie du cadre national pour mettre son programme sur pied. Elle s’est aussi inspirée des programmes provinciaux existants, lesquels, selon elle, « favorisent la collaboration et l’entraide, tant sur le plan de l’expertise que de l’information. » Les programmes provinciaux se servent des examens du CMC pour identifier les candidats qui possèdent les compétences nécessaires. Ces programmes mettent à contribution les outils courants, les ressources et la formation à l’intention des évaluateurs élaborés par le CMC et la CNE. L’une de ces ressources est le programme d’orientation intitulé « Compétence en matière de communication et de culture », disponible sur inscriptionmed.ca. Ce programme d’apprentissage autonome aide les médecins à en apprendre davantage sur les attentes en matière de culture et sur les normes de communication, que ce soit entre patients et médecins ou entre professionnels de la santé. Le tout dernier module ajouté au programme porte sur les soins virtuels empreints de compassion.

En quoi l’ECE est-elle utile?

Les affections traitées le plus couramment par les médecins canadiens sont souvent liées au vieillissement de la population, aux maladies chroniques et aux groupes de population qui sont propres au pays, y compris les peuples autochtones, ce qui peut différer des conditions qui existent dans le pays d’origine d’un DIM donné. Le Dr Jon Witt, directeur de programme de Saskatchewan International Physician Practice Assessment (SIPPA), explique que pour favoriser l’entrée en pratique d’un DIM au Canada et assurer la sécurité des patients, il faut d’abord combler les écarts au niveau des connaissances et des compétences. « Durant les 12 semaines d’évaluation en milieu clinique, l’évaluation et l’apprentissage se côtoient. À titre d’exemple, une cheville cassée est une cheville cassée, peu importe où l’on est dans le monde. Ce qui diffère, c’est la manière de mener l’examen initial, la communication avec le patient, le suivi qui doit être fait, la communication avec les autres membres de l’équipe et les médicaments à prescrire. » Il est essentiel que les candidats à l’ECE démontrent une connaissance des stratégies thérapeutiques appropriées pour prendre en charge des affections dans un contexte canadien et répondent aux attentes des patients en leur offrant un niveau de soins élevé. Le Dr Burak précise qu’il est important de comprendre que les programmes d’ECE ne sont pas des « formations de remplacement ». Ces programmes servent à identifier les candidats qui possèdent les compétences nécessaires et à déterminer, par le biais de l’évaluation, s’ils sont en mesure d’exercer la médecine de manière sûre et compétente dans le contexte canadien.

Recrutement de médecins évaluateurs

La difficulté à laquelle se butent tous les programmes d’ECE est le recrutement de médecins évaluateurs. C’est aussi le facteur qui limite le plus l’augmentation du nombre de participants aux programmes d’ECE. La pandémie a alourdi la charge de travail des médecins; en effet, ceux-ci doivent à la fois fournir des soins aux patients et agir à titre d’enseignants et de superviseurs pour les apprenants des facultés de médecine canadiennes, et ce, malgré la baisse des effectifs. Dans bien des cas, ce sont d’autres DIM qui prennent le relai. Selon le Dr Witt, « ils comprennent le parcours des immigrants. Beaucoup d’entre eux ont été formés dans le même pays, parfois dans la même faculté de médecine, que les candidats. » Plusieurs médecins évaluateurs, issus eux-mêmes de programmes d’ECE, voient l’occasion d’être évaluateur comme une manière de redonner au programme. « Le sentiment de solidarité est bien présent. », explique le Dr Bergin.

À la fin de la période de 12 semaines, les nouveaux médecins de famille amorcent leur pratique au sein de collectivités qui ont désespérément besoin de leurs services. Le DBergin entend souvent des éloges à l’égard des candidats à l’ECE, tant de la part des médecins évaluateurs que des patients. « Les collectivités où ils exercent sont heureuses de les avoir, et ils y font du bon travail. » L’ECE de la CNE a permis à environ 600 médecins de famille d’intégrer le milieu canadien de la santé au cours des cinq dernières années; à raison d’environ 120 médecins par année, cela est comparable à ce que produit une faculté de médecine canadienne typique.

Sur une note positive, les programmes existants d’ECE de la CNE ont reconduit leur engagement envers le cadre de travail pour une période de trois à cinq ans. Le Dr Burak est d’avis que « si les DIM sont suffisamment nombreux, il devrait être possible d’élargir tous les programmes à l’échelle du pays. » L’ECE de la CNE contribue de manière notable à la formation de nouveaux médecins et offre une voie d’accès essentielle aux DIM qui souhaitent exercer leur profession au Canada.

Image décoratif du Dr Viren Naik

   _____________

   DViren Naik,
   Directeur principal de l’évaluation, Le Conseil médical du Canada