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NouvellesProgrammes d’ECE : une option de premier plan attrayante pour les médecins formés à l’extérieur du Canada

Programmes d’ECE : une option de premier plan attrayante pour les médecins formés à l’extérieur du Canada

Le 15 juin 2023

Alors que plus d’un adulte sur cinq au Canada n’a pas accès à un fournisseur de soins primaires1, les experts médicaux et les ordres des médecins continuent de proposer des solutions à court et à long terme pour répondre aux besoins pressants dans le domaine de la santé. L’une de ces solutions consiste à intégrer plus de diplômés internationaux en médecine (DIM) aux effectifs canadiens, principalement par le biais de l’évaluation de la capacité à exercer (ECE), laquelle accélère le cheminement menant à l’obtention d’un permis d’exercice pour les médecins qui ont effectué leur formation médicale et leur résidence à l’étranger. Considérés comme étant un moyen sûr et efficace de permettre à des médecins qualifiés d’intégrer la pratique plus rapidement et d’alléger le fardeau d’un système de santé épuisé, les programmes d’ECE gagnent en popularité au moment même où ils connaissent une expansion rapide.

Des chiffres à la hausse dans l’ensemble des régions

En Colombie-Britannique et en Saskatchewan, où l’ECE est établie depuis de nombreuses années, l’augmentation du financement provincial aide les programmes à prendre de l’expansion et à amener plus de médecins à exercer dans des collectivités qui en ont grandement besoin. En 2022, le nombre de places au sein du programme Saskatchewan International Physician Practice Assessment (SIPPA) a augmenté, ce qui a permis d’évaluer 45 médecins de famille au cours de l’année comparativement à 36 pour les années précédentes.

Les évaluations ont aussi augmenté à un rythme rapide en Alberta (ECE-AB), où le programme d’évaluation de la capacité à exercer évalue tant les médecins de famille que les spécialistes. En 2022, le programme a accueilli au sein de sa composante d’évaluation clinique préliminaire 92 candidats, dont 67 étaient des médecins de famille, ce qui représente une hausse de 35 % par rapport à 2021.

Plus à l’ouest, le programme d’évaluation de la capacité à exercer de la Colombie-Britannique (ECE-CB) connaîtra son augmentation la plus importante l’an prochain, sa capacité pour 2024 passant presque au triple de celle de 2023 (soit 96 places en médecine familiale au lieu de 41). Le Dr Ryan McCallum, directeur clinique du programme, explique que l’équipe s’emploie actuellement à planifier les changements opérationnels qui devront être mis en œuvre pour accommoder une croissance aussi importante. Mme Mary Chinni, gestionnaire du programme, ajoute que l’équipe travaille sur un modèle de programme complètement différent permettant d’accueillir trois cohortes par année, comparativement à deux actuellement. Selon elle, il faut aussi tenir compte de la capacité d’offrir plus d’évaluations cliniques sur le terrain, et déterminer s’il y a suffisamment de centres en mesure d’accueillir un aussi grand nombre de candidats en aussi peu de temps. 

L’augmentation du financement provincial aide les programmes à prendre de l’expansion et à amener plus de médecins à exercer dans des collectivités qui en ont grandement besoin

Programmes axés sur la prestation de soins sûrs et de grande qualité

L’Alberta est l’un des rares territoires où toutes les évaluations en vue d’une demande d’inscription médicale sont prises en charge par le College of Physicians and Surgeons (CPSA), l’ordre des médecins de la province. Pour Mme Jill Hastings, gestionnaire du programme, cette particularité est l’une des forces de l’ECE-AB, puisque l’équipe peut tirer parti des connaissances et de l’expertise de tous les départements du CPSA. En janvier 2023, l’ECE-AB a lancé un projet pilote visant à condenser le processus d’évaluation pour les DIM possédant une formation comparable à celle offerte dans les universités canadiennes. Cette approche élimine la première étape du processus (l’évaluation clinique préliminaire) et facilite l’entrée accélérée des DIM sur le marché du travail grâce à une évaluation supervisée effectuée dans leur milieu de travail. Les candidats admissibles doivent quand même se soumettre à une évaluation de leur compétence en vue d’assurer qu’ils fournissent des soins sûrs et de grande qualité aux patients. Actuellement, 86 DIM peuvent se prévaloir de ce nouveau cheminement accéléré.

Bien que l’évaluation ait été condensée, la Dre Doreen Oneschuk, conseillère médicale pour le programme, insiste sur le fait que « nous ne changeons pas le processus d’évaluation lui-même et nous n’abaissons pas les normes ». Le Dr Samuel Lou, lui aussi conseiller médical pour le programme, ajoute que des mesures de protection sont présentes durant le processus : « Si des lacunes venaient à être identifiées, les médecins seraient alors orientés vers un soutien éducatif approfondi offert par le biais du programme de compétence continue du CSPA. Celui-ci peut prendre la forme d’évaluations, de cours et/ou de mentorat supplémentaires, de manière à assurer que les participants respectent des normes acceptables. »

De la même manière en ce qui concerne l’ECE-CB, le Dr McCallum insiste sur le fait que, malgré les changements considérables qui sont prévus, le programme « ne fera aucun compromis sur la qualité en ce qui a trait aux critères d’inscription. » Ce qui ressort clairement des consultations, explique-t-il, c’est que la croissance ne doit pas se faire au détriment des compétences cliniques des candidats. En revanche, d’autres aspects comme le soutien offert au sein de la communauté une fois le programme terminé et le service à la clientèle peuvent être améliorés afin de rendre l’ECE-CB plus attrayante pour les candidats qualifiés.

Bien que le processus d’évaluation varie d’une province à l’autre, il faut par ailleurs souligner que tous les programmes d’ECE appliquent des normes communes et ont recours à des exigences similaires en matière d’admissibilité, dont la réussite de l’examen lié à la prise de décisions thérapeutiques (PDT). Les décisions des programmes en matière d’admission et d’évaluation reposent sur ces normes, lesquelles ont été élaborées au moyen du cadre de travail de la Collaboration nationale en matière d’évaluation (CNE).

Expansion au-delà des régions rurales

Bien que l’objectif actuel de l’ECE soit de répondre aux besoins des collectivités rurales et éloignées, son étendue a progressivement changé pour désormais incorporer plus de secteurs confrontés à une pénurie de médecins. Le Dr McCallum explique que l’ECE-CB, qui a commencé à intégrer les collectivités urbaines il y a quelques années, continuera à desservir les secteurs où les besoins sont les plus grands, qu’il s’agisse de zones rurales ou urbaines.

L’Alberta a adopté une approche semblable pour desservir les régions qui en ont le plus besoin, et des changements sont aussi à l’horizon pour le processus de commandite de l’ECE-AB. Mme Jill Hastings précise qu’actuellement, les DIM qui prennent part à l’ECE-AB sont commandités par Alberta Health Services (AHS), l’autorité de santé régionale qui gère la planification des effectifs médicaux. Elle explique que dans un avenir rapproché, la commandite sera élargie pour englober d’autres organisations indépendantes d’AHS, ce qui permettra à un plus grand nombre de candidats d’être évalués afin de répondre aux besoins des collectivités dans toute la province.

Un effort collectif

D’après les commentaires recueillis par tous les programmes d’ECE qui ont effectué une évaluation en 2022, dans l’ensemble, les participants se sont sentis soutenus tout au long du programme et étaient satisfaits à l’égard des différents aspects du processus. Pour les directeurs et les gestionnaires de programmes d’ECE, ce degré de réussite est attribuable au travail et au dévouement extraordinaires des équipes qui offrent un soutien indéfectible tout en s’adaptant à un secteur de la santé en évolution. L’aspect collaboratif et l’interaction entre les organisations partenaires qui sous-tendent les programmes sont aussi grandement estimés : « Nous travaillons avec l’ordre des médecins, les autorités sanitaires et le ministère, ce qui nous aide à rejoindre tous les secteurs de la province », note le Dr McCallum. Reconnaissant qu’il y a encore matière à amélioration, les programmes d’ECE continuent de tenir compte des commentaires qu’ils recoivent afin d’identifier les difficultés et d’y remédier, ainsi que d’améliorer le processus pour les évaluateurs et les participants.

Dans l’ensemble, les participants se sont sentis soutenus tout au long du programme et étaient satisfaits à l’égard des différents aspects du processus

La réussite de l’ECE pour faciliter l’accueil de plus de médecins formés à l’étranger dans la profession médicale a inspiré d’autres provinces à emboîter le pas, comme l’Ontario qui compte lancer un programme d’évaluation cette année*. De plus en plus estimés et en expansion dans tout le pays, les programmes d’ECE sont de peu à peu reconnus comme des réservoirs de médecins complémentaires aux facultés de médecine canadiennes. Bien qu’ils ne constituent pas une panacée à la pénurie de médecins au Canada, ils continuent d’évoluer et ont des effets positifs pour les DIM et les collectivités au sein desquelles ceux-ci travailleront.

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1More than 6.5 million adults in Canada lack access to primary care. (2023, 14 mars). Healthy Debate. (en anglais seulement)
*Les provinces de l’Ontario (juin 2023) et du Nouveau-Brunswick (octobre 2023) disposent désormais d’un programme d’évaluation de la capacité à exercer (ECE).