Une fille de 3 ans est emmenée à votre clinique par son père, qui s’inquiète en raison d’une léthargie qui dure depuis 3 mois. Il mentionne que sa fille ne joue plus avec d’autres enfants comme avant. Elle présente des douleurs abdominales occasionnelles. L’enfant est difficile en matière de nourriture, mais elle boit beaucoup de lait de vache. Elle aime fabriquer des avions en papier qu’elle mâche souvent par la suite. À l’exception de creux sur les ongles, les résultats de l’examen physique sont normaux.
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La léthargie qui dure depuis 3 mois et s’accompagne de douleurs abdominales intermittentes, de difficultés avec la nourriture mais d’une forte consommation de lait de vache, de changements dans les ongles (révélateurs d’une koïlonychie) et de la mastication d’objets non alimentaires (avions en papier) indique une anémie ferriprive avec pica. Cette situation est souvent aggravée par une consommation excessive de lait de vache qui supplante les aliments contenant du fer. Un supplément de fer traite directement la carence sous-jacente et constitue la prise en charge initiale la plus appropriée. Les médicaments anthelminthiques ne sont pas appropriés, car les antécédents n’indiquent pas d’infection parasitaire (p. ex. risques d’exposition, diarrhée, prurit anal) comme cause principale. Un supplément d’enzyme lactase cible l’intolérance au lactose, qui se manifesterait par des ballonnements, de la diarrhée et des symptômes liés aux produits laitiers. Le polyéthylène glycol 3350 traite la constipation et, bien qu’une douleur abdominale puisse survenir en cas de constipation, elle n’est pas la cause la plus probable en présence de symptômes de léthargie et de pica ainsi que d’une consommation excessive de lait de vache. Le supplément de vitamine D n’est pas nécessaire chez un enfant dont l’alimentation est riche en produits laitiers, car au Canada, le lait de vache est enrichi en vitamine D, et cela ne permettrait pas de remédier à la carence en fer. La restriction du gluten serait indiquée chez un enfant atteint de la maladie cœliaque présentant une diarrhée chronique, des problèmes de poids ou de croissance, ou des signes de malabsorption, mais aucun de ces symptômes n’est décrit dans le cas présent.
Powers JM. Iron deficiency in infants and children <12 years: Screening, prevention, clinical manifestations, and diagnosis. UpToDate. Mis à jour le 7 janvier 2026. Consulté le 21 janvier 2026.
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Encourager la consommation d’aliments riches en fer contribue à reconstituer les réserves de fer et complète la supplémentation, surtout chez un enfant « difficile en matière de nourriture » et qui a probablement une alimentation faible en fer. Il est également essentiel de réduire l’apport en lait, car une consommation élevée de lait peut à la fois supplanter les aliments riches en fer et contribuer à la carence en fer; la prise en charge de cette cause alimentaire améliore la normalisation à long terme et réduit la probabilité de récurrence. Encourager la consommation d’aliments riches en calcium n’est pas la priorité, car le problème n’est pas une carence en calcium et une augmentation de la consommation de produits laitiers pourrait aggraver le déséquilibre. Encourager le recours aux indices de communication, l’adoption d’une routine structurée et les interactions avec d’autres enfants permet de cibler les problèmes de comportement ou de développement (p. ex. autisme, anxiété) plutôt que de remédier à la léthargie, au pica et aux changements dans les ongles attribuables à une carence en fer. L’orientation vers un pédiatre du développement est moins appropriée dans le cas présent, car le tableau clinique est principalement de nature nutritionnelle et hématologique, et non pas développementale. Il n’y a pas de signes de négligence ou de maltraitance qui justifieraient de signaler le cas aux services de protection de l’enfance.