Le Conseil médical du Canada

Récipiendaires du prix du leadership en responsabilité sociale Dr Ian Bowmer

Récipiendaires du prix du leadership en responsabilité sociale Dr Ian Bowmer

23 September 2019

Les soins liés à l’affirmation du genre et le traitement des dépendances sont au cœur de l’œuvre des lauréats du prix DIan Bowmer

En hommage au Dr Bowmer, qui a pris sa retraite après 11 années au poste de directeur général, le Conseil médical du Canada (CMC) a créé le prix du leadership en responsabilité sociale Dr Ian Bowmer, qui ne sera décerné qu’une seule fois en 2019.

Retraité du CMC en 2018, le DBowmer a pris la barre du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada à titre de 45président en février 2019.

Ce prix de 5 000 $ sera remis à un étudiant en médecine et à un résident ayant fait preuve de leadership en matière de responsabilité sociale au sein des facultés de médecine du Canada. Dans l’esprit du travail de défense des droits du DBowmer, le Comité de sélection du CMC était à la recherche de deux lauréats en fonction de leur capacité de mobiliser la société dans le respect et de forger une vision commune en collaboration avec les intervenants. Bien que le Comité ait reçu de nombreuses candidatures exceptionnelles de la part des facultés de médecine de partout au Canada, une étudiante en médecine de l’Alberta qui a préconisé une formation en soins d’affirmation du genre et un résident qui a amélioré les services de traitement pour les toxicomanes dans le nord de l’Ontario sont les récipiendaires du prix DIan Bowmer.

Dre Nicole Thompson

La Dre Nicole Thompson, qui a grandi à Edmonton, avait étudié la médecine à la University of Calgary pendant seulement six mois quand elle a soulevé la question des soins liés à l’affirmation du genre dans le cadre d’un cours sur la façon de procéder à l’examen des organes génitaux des hommes et des femmes.

Elle se rappelle avoir levé la main pour poser la question suivante : « Est-ce qu’on apprend à réaliser des examens sur des personnes qui ne sont pas cisgenres? »

Le professeur lui a répondu que ces examens n’étaient pas abordés dans le cadre du cours et lui a proposé de se pencher sur la question. La Dre Thompson a ensuite créé quatre heures de contenu de programme sur les soins liés à l’affirmation du genre, le tout enseigné en partenariat avec la communauté LGBQT+, cours que la University of Calgary a depuis mis en œuvre sous la forme d’une séance offerte dans son unité consacrée à la santé mondiale.

Avant même d’entrer à la faculté de médecine et pendant qu’elle travaillait à titre d’ergothérapeute dans des cliniques de réduction des méfaits, la Dre Thompson militait en faveur des soins liés à l’affirmation du genre pour ses clients. Elle mène actuellement une étude visant à formuler des recommandations en vue d’établir des normes en matière d’affirmation du genre dans les programmes d’études offerts par les facultés de médecine et de trouver des moyens de combattre les préjugés et la transphobie chez les étudiants en médecine et les médecins.

Les taux de suicide, d’agression sexuelle et d’itinérance sont plus élevés chez les personnes de diverses identités de genre, et leurs résultats sont généralement moins bons que dans le cas de celles qui s’identifient au genre qui leur a été attribué à la naissance, souligne la Dre Thompson. Ce sont ces résultats qui la motivent à améliorer les soins.

On lui remettra le prix lors du dîner de l’Assemblée annuelle du CMC, qui se tiendra à Ottawa en septembre 2019.

 

C’est une belle occasion de discuter avec d’autres personnes aux vues similaires de la façon dont nous pouvons influer sur la culture médicale et sociale pour promouvoir l’inclusion. »

Dre Nicole Thompson

 

Dr Lloyd Douglas

Le Dr Lloyd Douglas, qui, en tant que résident en médecine, fait la promotion de l’inclusivité grâce à de meilleurs soins de santé pour les résidents autochtones du nord de l’Ontario et plus particulièrement dans le traitement des dépendances.

Le Dr Douglas, qui a depuis terminé sa résidence, était candidat au prix en raison de son travail dans le cadre du programme de résidence en santé publique et en médecine préventive de l’École de médecine du Nord de l’Ontario.

Après avoir suivi une formation élective en traitement des toxicomanies, il a revitalisé le programme sur les dépendances offert au centre de santé Meno Ya Win de Sioux Lookout en présentant une approche médicale qui comprenait des consultations et un traitement à la suboxone et à la buprénorphine-naloxone pour les patients dépendants aux opioïdes. Il a été le premier médecin de la région à utiliser le depot-naltrexone pour le traitement des cas complexes d’alcoolisme, et il est heureux de constater que son utilisation a augmenté dans la région en conséquence de la promotion qu’il en a faite. Il a par ailleurs formé une infirmière praticienne afin qu’elle puisse fournir des services quand il a dû quitter temporairement la collectivité pour terminer sa résidence.

La différence que l’on constate chez les gens qui ont reçu un médicament pour soulager leurs états de manque est incroyable, selon le Dr Douglas. « Ce traitement n’est pas infaillible, mais il est utile », précise-t-il.

« Quand on voit une personne prendre de la suboxone à long terme et qu’elle récupère ses enfants, c’est très gratifiant. Le plus important, c’est de briser la stigmatisation et de lui dire : “Je comprends; nous sommes tous dépendants à quelque chose”. Je ne me lasse pas d’aider les gens ainsi. »

Selon ses dires, comme il a grandi en Jamaïque au sein d’une famille élargie, il ne s’était pas rendu compte à quel point il était déconnecté de sa propre histoire. C’est vraiment un honneur pour moi que de prodiguer des soins aux membres des 33 Premières Nations servies par la région de Sioux Lookout, affirme le Dr Douglas.

« D’une certaine manière, je trouve mon identité, des morceaux de moi-même, en eux, affirme-t-il. C’est mon peuple. Il m’aide. Leurs histoires enrichissent ma propre vie. »

Le fait d’avoir reçu le prix Dr Ian Bowmer pour son leadership en responsabilité sociale a renforcé la confiance en soi du Dr Douglas, alors qu’il poursuit une carrière en santé publique et en traitement des toxicomanies à Sioux Lookout (Ontario).

 

 Ce prix ne fait que confirmer où je dois être et auprès de qui je dois travailler : chez les Autochtones, pour les Autochtones. Je veux qu’ils soient mon patron. »

DLloyd Douglas

 

 

 Photo (de gauche à droite) : 
  Dr Jay Rosenfield, Dr Ian Bowmer, Dre Nicole Thompson,
Dr Lloyd Douglas, Dre Maureen Topps